Une question à propos de l’énurésie nocturne ?

Nuitsseches.be a répertorié ci-dessous les questions les plus fréquemment posées. Si vous ne trouvez pas la réponse à votre question, n’hésitez pas à nous contacter.

 

Comment réagir face à un enfant énurétique ?

La première chose est de déculpabiliser l’enfant. Et pour les parents aussi de se déculpabiliser.
L’énurésie est souvent un retard de maturation de la continence urinaire et, ou un trouble du rythme de sécrétion d’urine par le rein. Dans ce cas, l’enfant énurétique produit plus d’urines durant la nuit, et sa capacité vésicale est alors dépassée. S’il s’éveille à ce moment, il sera continent, sinon il mouillera son lit.
Il faut donc bien expliquer son problème à l’enfant, ne jamais le punir puisqu’il n’est pas responsable.
Il faut aussi lui expliquer que son problème est souvent familiale et que, fort probablement, un ou plusieurs membres de sa famille sont passés par les mêmes difficultés. Il est très utile pour l’enfant d’en parler avec le membre de sa famille qui a vécu un problème semblable (son père, sa mère, son oncle). Les adultes aident l’enfant en lui parlant de leur vécu, mais c’est bien souvent difficile pour eux de le faire spontanément. Cet échange lui permettra de voir que la son problème évolue bien, que l’on grandit bien même en étant énurétique, que l’on devient aussi un papa ou une maman, un adulte.
Expliquez qu’il a la chance que des traitements efficaces existent actuellement et qu’il pourra alors en parler à son médecin.

Quand s’inquiéter ? Quand consulter ?

La continence nocturne s’acquiert entre 2 et 5 à 6 ans. A partir de 5 ou 6 ans, l’enfant énurétique commence à en souffrir, parfois plus tôt, mais il faut alors le rassurer et se rappeler que près de 10% des enfants sont encore énurétiques à l’entrée à l’école primaire.
Si l’enfant est continent le jour et énurétique la nuit, la prise en charge doit débuter vers 6-7 ans, déjà pour rassurer l’enfant et parler du problème pour éviter la perte de confiance en soi qu’engendre l’énurésie.
En cas d’incontinence diurne à l’âge de 4 ans, une mise au point s’impose.
De plus ce n’est pas parce que le trouble peut évoluer spontanément qu’il faut attendre pour le prendre en charge, le temps gagné est précieux pour l’enfant comme pour sa famille.

Quelles sont les raisons de consulter en cas d’énurésie ?

Les raisons de consulter sont multiples et peuvent être classées en deux catégories.
1ère raison : Ne pas rater une maladie sous-jacente.L’énurésie est habituellement un trouble isolé. Cependant, il serait dommage de rater les premiers signes d’un diabète par exemple, ou d’une infection urinaire.
En cas de trouble de la fonction vésico-sphinctérienne, le traitement réduira la fréquence des infections.2ème raison : Ne pas laisser perdurer un trouble traitable alors qu’il a des conséquences lourdes sur le psychisme, le bien-être, la confiance en soi de l’enfant et de sa famille.

Et même si l’enfant semble indifférent ceci n’est souvent qu’une façade.
Et même si la famille est affectueuse, tolérante, le poids des réveils anxieux pour l’enfant (suis-je mouillé ?) et des lessives pour la famille est lourd à supporter au jour le jour.

Y a-t-il des examens à pratiquer ?

La partie la plus importante de la prise en charge d’une énurésie est l’écoute de l’enfant, de ses antécédents médicaux, de l’histoire familiale. Une attention particulière sera portée aux mictions (comment l’enfant fait-il pipi, comment se retient-il), aux pertes d’urines diurnes, aux positions « anti-fuites » adoptées par l’enfant.
Ensuite un examen physique est réalisé. Il est le plus souvent normal.
Une analyse d’urine, une échographie sont réalisées par prudence. Dans certains cas on décidera de réaliser une analyse de la miction (mictiométrie et débimétrie).
Aucun de ces examens n’est douloureux, ils sont très bien supportés par l’enfant.

Faut-il consulter un psychologue ou un psychiatre ?

L’énurésie nocturne est rarement d’origine psychologique.
Il serait donc incorrect de la faire traiter en première intention par la voie psychologique. Mais l’énurésie entraîne une perte de confiance en soi, de l’anxiété, du retrait social, l’enfant feint l’indifférence, se replie sur lui-même.Toutes ces manifestations disparaissent progressivement après guérison de l’énurésie. Il est cependant parfois utile d’aider l’enfant durant cette période mais seulement après l’avoir rassuré sur l’origine de son trouble. L’énurésie peut avoir des conséquences psychologiques lourdes (comme bien d’autres maladies) mais ces troubles n’en sont pas la cause, même si le stress, l’angoisse peuvent augmenter (ou diminuer) les pertes nocturnes d’urines. L’aide d’un psychologue est parfois utile aussi lorsque l’enfant refuse le traitement. Il faut alors patiemment mettre à jour, puis analyser ses motivations (parfois valables).

La constipation et l’énurésie sont-elles liées ?

Certains font état d’une aggravation de l’énurésie par la constipation. Cependant, beaucoup d’enfants très chroniquement constipés ne présentent pas d’énurésie. Il n’en reste pas moins utile de traiter efficacement toute constipation.

Infection urinaire et énurésie

Les infections urinaires ne sont pas statistiquement plus fréquentes chez les enfants souffrant d’énurésie isolée. Par contre les enfants présentant un trouble fonctionnel, avec ou sans énurésie, ont un risque plus grand d’avoir eu ou d’avoir un jour une infection urinaire (cystite ou pyélonéphrite).

Faut-il supprimer les couches ?

La réponse à cette question n’est ni simple ni univoque.
Si l’enfant ne se mouille qu’en fin de nuit, l’arrêt des couches donne parfois le petit coup de pouce final, mais ceci doit être négocié avec l’enfant et avec sa maman/son papa. Lorsque le lange (ou le lit) sont trempés en fin de nuit, il semble souvent préférable d’attendre un effet du traitement instauré, pour le moral de l’enfant et pour la lessive. Ensuite l’étape ultime sera franchie, souvent à la demande de l’enfant.Le lange doit toujours être considéré comme une conséquence de l’énurésie et non comme une cause, comme une aide et non comme une punition pour l’enfant.

Ce n’est qu’un « pansement sur la douleur qu’est l’énurésie » et comme tout pansement, tout traitement, le but final est de s’en passer…un jour.

Et si l’enfant n’était pas motivé ?

Même si l’enfant paraît indifférent, il est très rare qu’il désire garder son symptôme, l’énurésie.
Si c’était le cas, il faudrait avec lui, rechercher de quoi le protége l’énurésie (peur de grandir, de perdre l’attention, peur d’attouchements…).Ces peurs, imaginaires ou réelles, doivent être prises en charge, parfois avec l’aide d’un psychothérapeute. Elles ne sont pas la cause de l’énurésie, mais elles peuvent bloquer le chemin du traitement vers la maturation.

L’énurésie passe-t-elle avec le temps ?

Oui mais…
Environ un petit 10 % des enfants sont encore énurétiques à 5-6 ans. Chaque année, ce nombre diminue de 15 %, mais vers 18 ans et à l’âge adulte environ 0,2 à 0,5% en souffre encore.
Malgré cette guérison spontanée il est utile de traiter l’énurésie en raison de ses conséquences psychologiques et familiales lourdes et inutiles vu l’existence de traitements bien souvent efficaces.De plus il semble que l’effet du traitement soit meilleur chez l’enfant plus jeune que chez l’adolescent.

Faut il réveiller l’enfant lorsqu’il dort pour le conduire aux toilettes ?

Cette technique a été et est encore proposée parfois, mais elle est le plus souvent épuisante pour l’enfant et sa famille, source de tension et le plus souvent vouée à l’échec.
Le principe n’en est pas faux cependant.L’énurésie est en effet due, dans un certain nombre de cas, à une capacité vésicale encore trop petite pour la quantité d’urines émise durant la nuit.Cette quantité pouvant être normale chez certains enfants ou plus importante chez d’autres.

Cependant, la technique fonctionne mal. En effet l’enfant énurétique dort profondément, comme tous les enfants, et a parfois en plus un seuil d’éveil plus élevé que les autres.

Cette technique n’est de plus pas très adéquate sur le plan psychologique, l’enfant sent trop que le poids de la réussite repose sur lui.

Ce n’est donc jamais un traitement de première intention.

Quels conseils donner à l’enfant concernant les boissons ?

Les besoins en eau sont importants chez l’enfant comme chez l’adulte. A un poids de 20 kg, l’enfant a déjà des besoins hydriques de un litre et demi par jour comme l’adulte.
Il n’est donc pas question de le restreindre, mais seulement de favoriser la prise de boisson dans la journée et de diminuer les boissons après le repas du soir. Comme pour tout enfant, il faut favoriser la prise d’eau plate et éviter les boissons pétillantes, surtout les sodas.L’enfant emmènera sa bouteille d’eau à l’école, ou mieux, les écoles devraient mettre de l’eau fraîche à la disposition de tous les enfants durant la journée.

Que faire en cas de colonies de vacances, de séjour en dehors de la famille ?

Si l’énurésie n’a pas encore été prise en traitement et que l’enfant a l’âge d’être soigné, la perspective d’un séjour hors du cocon familial est souvent une bonne motivation pour consulter, et débuter un traitement. Il est conseillé de démarrer le traitement assez longtemps à l’avance.
Si l’enfant n’a pas encore l’âge d’un traitement ou que celui-ci n’a pas encore fait toutes ses preuves, il faudra, sans aucune honte, parler du problème à l’enseignant ou à la famille d’accueil.
C’est souvent l’occasion de dédramatiser le problème, de découvrir que d’autres enfants et d’autres parents ou les instituteurs ou les amis ont connu ou connaissent les mêmes problèmes.Le stress, modéré, d’un séjour ailleurs, a souvent pour effet de diminuer l’importance et la fréquence de l’énurésie, mais c’est parfois l’inverse. Il ne faut donc pas espérer mais organiser, prévoir et prendre en charge.L’enfant énurétique a autant que les autres besoin de relations sociales et affectives. Prenons garde de ne pas l’enfermer dans son symptôme.

Y a t’il une relation entre les évènements de la journée et les  » accidents  » nocturnes ?

Pour les enfants présentant une énurésie chaque nuit ou presque (c’est à dire qu’ils n’ont jamais été continents la nuit durant une longue période), l’on ne retrouve pas de lien entre la vie diurne (bonne ou mauvaise journée) et les nuits mouillées. L’énurésie est alors autonome, comme dissociée de la journée.
Par contre, chez les enfants « presque » débarrassés de leur problème ou présentant une énurésie épisodique, une journée agitée, douloureuse ou seulement mouvementée, peut faire réapparaître une énurésie cette nuit là.Cependant, il ne faudrait pas en déduire une origine purement psychologique. Certains enfants, pourtant très perturbés, ne seront jamais énurétiques, et les études ont montré qu’il n’y a pas plus d’énurétiques dans les institutions que dans les familles.

L’enfant énurétique dort-il plus profondément qu’un autre

Les phases de sommeil sont les mêmes chez les enfants énurétiques et chez les autres, mais comme le disent très bien les parents « ils sont inéveillables »
La vessie pleine, qui normalement devrait réveiller l’enfant, ne le réveille pas, et l’enfant urine en demi-sommeil.Lorsque l’enfant devient propre, les parents décrivent souvent qu’il ne se mouille qu’en toute fin de nuit, juste avant son réveil, pendant une phase de sommeil non profonde.La technique des alarmes utilise une sonnerie ou un vibreur pour éveiller pleinement -mais pas toujours avec succès- l’enfant aux premières gouttes d’urines émises.